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Madame, Monsieur,

 

Vous êtes candidate ou candidat aux élections législatives des 11 et 18 juin prochains.

Si vous êtes élu-e député-e- vous aurez à voter le budget de la Défense Nationale, à vous prononcer sur la Loi de Programmation Militaire et serez amené-e, le cas échéant, à autoriser la poursuite ou l’arrêt d’une intervention militaire, dès lors qu’elle est engagée depuis au moins 4 mois.

A ce titre le comité audois du Mouvement de la Paix souhaite connaître vos positions et propositions sur plusieurs dossiers qui touchent à la sécurité collective, à la stabilité internationale et à la paix.

Depuis plusieurs années notre pays est engagé sur plusieurs théâtres d’opérations extérieures : Mali, Centrafrique, Syrie ou Irak. Nous estimons que cet activisme militaire se fait au détriment de véritables solutions politiques et affaiblissent notre diplomatie, au point d’être marginalisée sur de grands dossiers comme la Syrie, le nucléaire iranien ou le conflit israélo-palestinien. Ces guerres, menées seule, ou en coalition avec d’autres Etats, n’ont pas enrayé la violence et le danger terroriste qui se nourrit de cette situation. Elles ont provoqué, par contre, un flux massif de réfugiés et de migrants fuyant les zones de conflits que la France et l’Europe sont incapables de gérer humainement. Nous considérons que l’ONU et les institutions internationales garantes de la sécurité et de la stabilité, du maintien et de la recherche de la paix devraient être beaucoup plus impliquées dans la gestion de ces conflits et être en mesure de jouer leurs rôles. Quelles sont votre opinion et vos propositions ?

L’Élysée vient de publier un communiqué à la suite de la visite du Secrétaire Général de l’OTAN à Paris pour réaffirmer l’accord total de notre pays avec les objectifs et perspectives de cette organisation subordonnée aux stratégies des Etats-Unis, qui prône les guerres préventives, l’usage du nucléaire tactique et l’implantation de systèmes antimissiles en Europe. Nous pensons que la France devrait quitter l’OTAN qui entrave l’indépendance nationale et la sécurité collective. La sécurité de la France et de l’Europe ne peut se construire dans un climat de suspicion permanent à l’égard des pays frontaliers de l’Union Européenne, et notamment la Fédération de la Russie, dans une sorte de nouvelle guerre froide avec comme corollaire la militarisation à outrance du continent. Au contraire il faut réactiver le rôle des instruments de concertation comme par exemple l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) qui regroupe l’ensemble des Etats du continent, plus les Etats-Unis et le Canada, pour agir utilement par exemple dans le conflit ukrainien. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Le Premier Ministre et le Ministre de la Défense ont appelé à une augmentation rapide et forte du budget des armées. L’objectif ? Passer des 31,6 milliards d’euros de 2016 à 41 milliards d’euros dès 2020 soit de 1,78 % à 2% du PIB comme le demande l’OTAN et que vient de le réaffirmer le vice-président des Etats-Unis à la conférence sur la sécurité à Munich. Nous pensons que la sécurité de notre pays et la paix mondiale ne peut se concevoir uniquement en termes de rapports de forces militaires. Il est urgent de s’attaquer aux inégalités, à la pauvreté, à l’absence de soins et de produits de première nécessité, inaccessibles pour des millions d’individus à travers le monde ; autant de maux qui sont souvent sources de conflits et de guerres. Nous demandons une désescalade dans les dépenses militaires mondiales, y compris françaises, évidemment. Ces dépenses mondiales ont atteint en 2015, selon l’Institut international de recherche sur la paix (SIPRI), 1 773 milliards de dollars, correspondant à 2,3% du PIB mondial, soit une dépense annuelle de 228 dollars par habitant. C’est pourquoi nous demandons la mise en œuvre, avec les moyens adéquats, de

l’agenda 2030 de l’ONU qui fixe 17 objectifs de développement durable (ODD) pour s’attaquer au fléau du sous-développement dans le monde.

Quelle est votre position?

Au mois de mars 2017 vont débuter les travaux d’écriture d’un « contrat juridiquement contraignant pour l’interdiction des armements nucléaires », tel que l’a prévu la résolution L41 de l’ONU le 23 décembre 2016. La France a refusé de la voter comme les Etats-Unis, le Royaume Uni et la Russie en prétextant que ce processus aura « un effet déstabilisateur pour la sécurité régionale et internationale ». Or la France prévoit un quasi doublement des dépenses consacrées à l’arme atomique qui pourraient atteindre 6 milliards d’euros par an à l’horizon 2030. C’est contraire à l’article VI du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont notre pays est signataire, mais c’est surtout une aberration pour la sécurité collective, y compris d’un point de vue militaire selon l’avis d’anciens généraux et ministres de la défense comme le Général Norlain ou Paul Quilès, ex Ministre de la défense,…

Etes-vous prêt-e à intervenir auprès du chef de l’Etat pour que notre diplomatie participe à ces travaux comme le demandent de nombreuses ONG ?

 

Le conflit israélo-palestinien empoisonne depuis 70 ans tout le Proche Orient et menace la sécurité de cette région du monde. Les solutions pour en sortir sont connues de tous. L’attitude d’Israël qui refuse d’appliquer les résolutions de l’ONU et poursuit la colonisation de la Cisjordanie et maintient la population de Gaza dans un blocus inhumain depuis 10 ans, constitue le principal obstacle à une solution politique, c’est à dire la reconnaissance de l’Etat Palestinien vivant côte à côte avec Israël. La dernière initiative de la France pour relancer le processus de paix n’a pas débouché par des mesures concrètes et contraignantes. La reconnaissance de l’Etat palestinien par le gouvernement français serait pourtant un acte politique fort dans ce contexte.

L’impunité du régime israélien de la part de la communauté internationale - qui risque de s’aggraver avec l’arrivée de Donald Trump à Washington - devient inadmissible et source de frustrations pour les palestiniens privés de toutes perspectives. Pour obliger le gouvernement de Netanyahou à respecter le droit international, des pressions doivent s’exercer. A commencer par la suspension de l’accord d’association « Union Européenne-Israël » qui octroie un régime préférentiel à l’Etat Hébreu. Il est également indispensable d’annuler le décret qui condamne les militants qui protestent pacifiquement contre l’importation des produits « israéliens » mais en fait en provenance des territoires occupés.

Quelle est votre analyse et vos propositions sur ce dossier ?

les derniers attentats en France on a beaucoup parlé de « vivre ensemble » de « cohésion sociale » de « citoyenneté », « de laïcité ». Pour nous il est temps de faire de la paix et de la sécurité individuelle un droit incontournable et reconnaître que la culture de la paix et de la non-violence doivent devenir une donnée majeure pour une société, si elle considère que la paix n’est pas seulement l’absence de guerre.

Instaurer une telle culture suppose donc que la paix soit une manière de vivre en société, qui s’apprend, se développe et surtout, se cultive.

Cela passe par des instruments législatifs et institutionnels qui favorisent la promotion des valeurs, des comportements, des modes de vie, qui vont dans le sens d’une culture de la paix. Nous pensons que l’Etat, avec l’Education Nationale devraient promouvoir cet enseignement à l’école et dans les structures d’éducation populaire comme le recommande l’UNESCO. Soutenez-vous cette démarche ?

D’autres sujets auraient mérité d’être évoqués mais ceux-là nous semblaient importants.

Madame, Monsieur, nous lirons avec intérêt vos réponses qui ne manqueront pas d’éclairer le jugement de nos concitoyens dans la perspective des échéances électorales à venir.

Dans l’attente, nous vous prions, Madame, Monsieur, de croire à l’assurance de nos sentiments distingués.

 

 

Lettre ouverte adoptée par l’Assemblée

Générale du Comité audois du Mouvement

de la Paix le 18 mars 2017

 

Elections législatives;
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