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Le dimanche 19 novembre la Libre Pensée, le Mouvement de la Paix, l’ARAC, « les amis du caporal pacifiste Louis Barthas » se retrouvaient au jardin de la paix au pied de la stèle de Louis Barthas pour  exiger la réhabilitation des soldats français fusillés pour l ‘exemple durant la guerre 14-18 

l'intervention de Marc Fraisse, membre du bureau du comité de paix

Cela fait quelque décennies que le problème des fusillés pour l'exemple semble être pris en compte en haut lieu, mais force est de constater que nous n'arrivons pas à déboucher sur une solution franche, « la réhabilitation de tous les fusillés pour l'exemple ».
L'exécutif actuel ne semble pas non plus avoir la volonté d'avancer dans le sens de la solution que nous défendons depuis de nombreuses années. L'arrogance des puissants envers la piétaille est toujours de mise.

Nous somme aujourd'hui au centenaire de l'année 1917, celle que l'on nomme « l'année terrible » de la grande guerre, c'est aussi, pour certains historiens, le tournant de la grande guerre.

Cette année-là voit l'entrée des États-Unis dans le conflit ainsi que d'autre pays. Le conflit s'internationalise. Sur le front de l'Est, la révolution de février en Russie amène le tsar à abdiquer ce qui n'est pas sans conséquences sur la politique intérieure et sur les armées. La prise de pouvoir des bolcheviks en octobre-novembre et leur désir d'arrêter la guerre, modifie la donne sur le plan militaire autant à l'ouest qu'à l'est.

L'enlisement dans une guerre interminable, l'incertitude quant à l'issue du combat, l'épuisement en hommes (la France a perdue 240.000 hommes rien qu'à la bataille de Verdun en 1916) et l'épuisement des hommes expliquent les mutineries de cette année 1917 qui ont commencé à la suite de la défaite du Chemin-des-dames du 20 mai au 10 juin. Il y eu 230 mutineries, soit 30 à 40.000 hommes concernés, qui ont débouchées sur 432 condamnations et 42 exécutions. Ces mutineries ont laissées une empreinte mémorielle profonde en France.

il est nécessaire de revenir sur la bataille pour la réhabilitation. Celle-ci a débuté dès la fin de la guerre. Des associations, et en premier lieu la Ligue des Droits de l’Homme, ont ainsi mené de nombreuses batailles judiciaires pour obtenir la réhabilitation de certains soldats, victimes d’erreurs judiciaires manifestes. Elles y sont parvenus pour une quarantaine d’entre eux et ont également obtenu certaines avancées législatives comme les lois d’amnistie de 1919 et 1921, la réforme du code de justice militaire en 1928 ou encore la création d’un Cour spéciale de justice militaire entre 1932 et 1935 pour étudier le cas spécifique des fusillés.

Le débat rebondit en 1998, à l’occasion du discours de Lionel Jospin, alors Premier ministre, à Craonne (Aisne), durant lequel il réhabilita la mémoire des soldats fusillés suite aux événements de l’été 1917. La question de la reconnaissance, de la réhabilitation de la mémoire de l’ensemble des soldats fusillés pour l’exemple durant la Première Guerre mondiale revient depuis régulièrement sur le devant de la scène, en témoigne le récent rapport rendu au secrétaire d’État aux Anciens combattants par l’historien Antoine Prost sur ce sujet ou encore le dépôt d’une proposition de loi par les députés de gauche en juin 2014.

Certains invoquent l’impossibilité matérielle

de connaître les faits ayant conduit à l’exécution de ces soldats pour refuser une réhabilitation automatique et intégrale des fusillés. Il est vrai que les archives ne permettent pas aujourd’hui de conclure de manière définitive en raison de leur caractère lacunaire, mais aussi parce que dans de nombreux cas, le caractère arbitraire de l’exécution (tirage au sort, prise en compte de critères comme le célibat, le « mauvais caractère » ou la récidive) ajoute à la confusion et au doute.

Cette réhabilitation doit être nécessairement automatique et intégrale, dans la mesure où nous ne pouvons et nous ne devons pas juger, à un siècle de distance, des comportements individuels sans en connaître l'atmosphère macabre de l'époque. Au contraire, nous devons nous élever avec force contre cette logique qui consiste à exécuter ses propres soldats pour garantir la discipline et endiguer des pratiques d’évitement. Force est en effet d’admettre que face à l’horreur de cette guerre, nous ne pouvons que reconnaître ces hommes qui ont, par un sentiment bien humain, tenté de survivre et de s’échapper de cet enfer.

Le Président Macron invoque l'idée d'inviter l'année prochaine, pour le centième anniversaire de l'armistice, l'ensemble des pays belligérants dans une sorte de réconciliation générale ; Hé bien commençons par la réhabilitation des « fusillés pour l'exemple ».

 

 

LES FUSILLES POUR L’EXEMPLE
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